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Cyrano de Bergerac par la Compagnie Acte Un

Voir aussi Cyrano de Bergerac les origines de la pièce,
Cyrano par Acte Un
la conférence sur le "vrai" Cyrano
le "teaser" de la pièce par la compagnie Acte Un
et le Mannequin Challenge qui fait le buzz sur les réseaux.

Le choix de la pièce

Le texte

Pas d’autre raison de choisir ce texte que le pur plaisir et l’envie de s’y coller une bonne fois pour toutes. C’est une des plus belles pièces du répertoire théâtral, parfaite au plan de l’équilibre dans l’écriture, elle alterne les temps forts, les moments comiques, les moments intenses ou tristes, elle donne à voir et à ressentir une grande variété de sentiments de personnages complexes.
Ce n’est pas un paysage tranquille et elle présente un certain nombre d’écueils.

Les vers.

C’est une pièce en vers, et les vers sont redoutables notamment en cela que le public les craint (il les craignait déjà en 1897 lors de la première et les producteurs envisageaient de cacher au public que la pièce était en vers) mais les alexandrins sont si parfaitement dominés par Rostand qu’ils se font oublier, ne laissant de leur présence que l'élégance et la précision.

La durée.

La durée est le second obstacle. Cinq actes ! À l’origine, la pièce durait quatre heures. Nous avons taillé dans le texte en en extrayant tout ce qui pourrait sembler daté ou fastidieux, c’est à dire peu de chose : Cyrano est d’une inaltérable modernité. Silvère Chéret et Lucie Danlos ont néanmoins réussi à réduire d’un peu plus d’une heure la durée de la pièce.

L’équipe

Elle rassemblée rapidement autour de ce projet enthousiasmant.

La mise en scène

Florence Delorme est l’élément central de la pièce.
C’est elle qui fait le choix de l’interprétation et du sens. Elle ne voulait pas reproduire la mise en scène des Cyrano déjà existant et qui en font souvent un rôle énorme entouré de comparses qui ne sont que des faire-valoir. Elle ne le voulait pas non plus plus vieux que l’original (Savinien de Cyrano est mort à 36 ans et il en avait 20 lors de la bataille d’Arras.), et elle le souhaitait plus agaçant que sympathique.
Dans la même idée, il était hors de question de faire de Roxane, qu’elle joue elle-même, la coquette un peu niaise qu’on voit souvent. C’est une précieuse et ce n’est pas aussi ridicule que le dit Molière. Les Précieuses sont à l’origine de l’émancipation des femmes…

Le jeu

les comédiens

Silvère Chéret est Cyrano de Bergerac. Il est aussi l’un des instigateurs du projet : un rêve depuis longtemps, presque un fantasme, un truc dont on se dit que « ça n’arrivera jamais… ». Il a empoigné le rôle avec une énergie étonnante et donne un Cyrano bien différent de tout ce qui peut se voir, un jeune type blessé et blessant, affûté comme une lame, écorché vif et maniant à la perfection le « beau langage » aussi bien pour duper les autres que pour se mentir à lui-même.

Mathieu Coster est Christian, amant, puis mari de Roxane. C’est souvent le « beau gosse pas malin », bien content de profiter de la situation. Là encore, il fallait un personnage plus consistant, un naïf mais pas un imbécile…
Mathieu est aussi le Vicomte de Valvert, et Sœur Claire. Nobody’s perfect…

Pierre-Benoit Rey est Le Bret, sorte de Jiminy Cricket attaché aux pas de Cyrano de Bergerac et qui tâche vainement de le ramener dans le droit chemin. Il est sa raison enfuie, son lien avec le monde réel dont il ne se soucie guère. Dans la vraie vie, Le Bret est celui par qui nous sont arrivées toutes les informations que nous avons sur le vrai Savinien de Cyrano.
Pierre-Benoit est également un poète un peu frapadingue. Ça détend.

Pierre Launay est Ragueneau, pâtissier et admirateur inconditionnel de Cyrano. C’est le seul personnage de la pièce qui ne le conteste jamais et qui ne rêve que de l’imiter. C’est par lui qu’arrivent souvent les scènes cocasses qui sont autant de respirations pour le public.
Pierre Launay est également Montfleury et un Capucin.

Frédéric Châteauneuf
Frédéric Châteauneuf est le Comte de Guiche, noble puissant et orgueilleux, amoureux de Roxane il est aussi le dindon de la farce, le jaloux trompé, le matamore dépassé par les hommes qu’il commande.
Frédéric est aussi un Mousquetaire pendant juste assez de temps pour… mais vous verrez par vous-même.

Karin Scheichl est Lise, l’épouse de Ragueneau, pas facile à vivre, pas fidèle non plus.
Elle est également la duègne de Roxane - c’est un rôle qui mérite des compensations pâtissières -, la Distributrice qui abreuve le public de l’hôtel de Bourgogne, un cadet pendant le siège d’Arras et Mère Marguerite de Jésus.

Patrick Roussel est le Capitaine Carbon de Castel-Jaloux, sourcilleux commandant des cadets.
Il est aussi Lignière, un poète insolent et alcoolique, et un Vieux Bourgeois du genre de ceux qu’affectionnait Jacques Brel : « … plus ça devient vieux, plus ça devient… »

Soléa Launay-Delorme est un Jeune Homme dans le public de l’hôtel de Bourgogne, le Tire-Laine et une Jeune Fille dans ce même hôtel, une Cliente de la pâtisserie, un Poète tout aussi frapadingue que son collègue, un Cadet en différentes circonstances, et sœur Marthe pour conclure.
Autant dire qu’elle porte à elle seule une bonne partie des personnages qui ont été ôtés à la pièce.

L’Assistance au jeu

Jacqueline Würtz joue le rôle de la répétitrice depuis le début de cette aventure. Rôle discret et difficile qui consiste à corriger les moindres erreurs dans ce texte très exigeant parce que tout en alexandrins. Si notre diction est claire et fluide, c’est en bonne partie à elle que nous le devons.

Les aspects techniques

Les costumes - Martine Giroud.

Intuitive et malicieuse, inventive et très à l’écoute du texte, du sens, des désirs de la mise en scène, du confort des comédiens, Martine Giroud est une bonne fée dont les costumes transcendent les envies des uns et des autres, révèlent certains aspects des personnages et s’y ajustent si étroitement qu’il devient difficile de les imaginer autrement costumés.

Les accessoires

Ils ont été rassemblés au gré des envies fluctuantes du metteur en scène, mais c’est Gilles Paturel qui a confectionné les épées de nos vaillants escrimeurs.

Les éclairages

Vianne Burquier et Tom Bouclier sont nos régisseurs lumière et son.

Le lieu de répétition

Toutes les répétitions ont lieu à la MJC Centre Social de Meythet qui fait preuve d’une grande efficacité et de beaucoup de constance dans le soutien qu’elle apporte aux compagnies de théâtre. Son personnel et les bénévoles qui en entretiennent la flamme sont des gens exceptionnels, un ilot positif dans un monde trop souvent négatif. Dira-t-on jamais assez de tout le bien qu’on pense d’eux ?

Le public

Porté par des sentiments contraires, le désir de découvrir cette pièce mythique et la peur de s’ennuyer à un spectacle si long et de surcroît, en vers, l’envie de retrouver le plaisir d’un texte déjà cent fois relu et l’appréhension d’être déçu par les acteurs, le public n’est ni indifférent ni blasé. L’écoute est vive, active, et il n’est pas rare que les lèvres des spectateurs murmurent un texte qu’ils savent par cœur.
Le public est enthousiaste à l’issue des représentations. Rostand séduit toujours, mais la mise en scène de Florence surprend par sa vigueur et sa fraîcheur et aussi par le fait qu’elle donne leur chance à des personnages souvent considérés comme subalternes.

Ce que disent les spectateurs

Celle-ci à dix ans et elle a plutôt bien aimé

La partie avec Cyrano qui joue le fou tombé de la Lune est excellente, drôle... (…) j'ai adoré la scène où les Cadets jouent aux cartes, lisent, pendant la guerre, et (…) quand Ragueneau faisait semblant de fouiller dans une malle alors qu'il jouait du tambour et de la trompette. J'ai aimé le fait que la mort de Cyrano ne soit pas violente, brusque.

Une autre :

Un moment magique de théâtre mené avec beaucoup de dynamisme par une folle équipe de passionnés. Fantaisie, imagination, créativité, émotion, tout ce qu'on aime ....Longue vie à ce spectacle à ne pas manquer.

Et aussi :

Je suis ressortie de votre Cyrano toute époustouflée. Et une demi-heure après être rentrée, j'ai encore la tête complètement dans le spectacle. Cyrano est ma pièce préférée, aussi, j'étais curieuse de votre adaptation, mais à la fois inquiète de ne pas trouver la troupe à la hauteur de la pièce. Et vous m'avez enchantée !

Et encore :

Waouh ! J'ai été épatée, bluffée, époustouflée par cette première d'avant-première !
Je me raisonne pour ne pas en faire trop afin de rester crédible, mais même après trois jours la pression des compliments ne redescend pas...BRAVO !